Pendant près de vingt ans, le classement Doing Business a servi de référence mondiale pour évaluer la facilité de faire des affaires dans un pays. Investisseurs, groupes internationaux et entrepreneurs s’y référaient pour arbitrer leurs décisions d’implantation.
Mais depuis 2021, ce classement a disparu. Il a été remplacé par un nouveau référentiel développé par la Banque mondiale : Business Ready (B-READY).
Ce changement n’est pas anecdotique. Il marque une évolution profonde dans la manière d’évaluer l’environnement des affaires. Là où Doing Business mesurait principalement la réglementation “sur le papier”, Business Ready cherche à évaluer la réalité opérationnelle : ce qui fonctionne réellement pour les entreprises.
Dans ce contexte, une question essentielle se pose : le Maroc est-il réellement “business ready” en 2026 ?
La réponse est plus complexe qu’un simple score. Nous la décryptons pour vous à l’horizon 2026.
Le premier point à intégrer est que Business Ready ne mesure pas la même chose que Doing Business. Là où l’ancien classement s’intéressait principalement aux procédures administratives (temps de création d’une entreprise, nombre d’étapes, coût…), le nouveau dispositif repose sur une approche beaucoup plus large.
Business Ready s’appuie sur trois niveaux d’analyse :
Autrement dit, un pays peut avoir de bonnes lois mais être pénalisé si leur mise en œuvre est inefficace.
Ce changement est particulièrement important pour des économies comme le Maroc, où l’écart entre réglementation et pratique a longtemps été un sujet.
Dans la première édition du rapport Business Ready, le Maroc obtient un score global d’environ 62,4 sur 100.
Ce chiffre, pris isolément, peut sembler abstrait. Mais il doit être lu de manière plus fine.
D’un côté, il traduit une amélioration réelle du climat des affaires. Le Maroc se situe au-dessus de nombreuses économies comparables, notamment en Afrique et dans certaines régions émergentes.
De l’autre, il montre que le pays n’a pas encore atteint le niveau des économies les plus performantes. Il reste dans une zone intermédiaire, caractéristique d’un pays en transition.
Ce positionnement correspond assez bien à la réalité terrain : un environnement en progrès, mais encore imparfait.
Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir sur la trajectoire du Maroc. Depuis le début des années 2010, le pays a engagé une série de réformes visant à améliorer son attractivité économique. Cette dynamique s’est traduite par plusieurs évolutions concrètes.
La création d’entreprise s’est nettement fluidifiée.
Aujourd’hui, dans des conditions bien préparées, il est possible de créer une société en quelques jours. Les Centres Régionaux d’Investissement (CRI) ont été réformés pour jouer un rôle de guichet unique et accélérer les démarches.
Cette évolution constitue un véritable changement par rapport à la situation d’il y a dix ou quinze ans.
Le Maroc a engagé un mouvement de digitalisation de ses services administratifs.
Certaines démarches peuvent désormais être réalisées en ligne, notamment la création d’entreprise, le dépôt de documents et les déclarations fiscales
Cette digitalisation reste encore partielle, mais elle améliore la lisibilité et la rapidité des processus.
L’un des points forts majeurs du Maroc réside dans ses infrastructures.
Le port de Tanger Med, avec plus de 8 millions de conteneurs traités en 2023, s’impose comme un hub logistique de premier plan à l’échelle mondiale. Le réseau autoroutier, les zones industrielles et les plateformes logistiques ont également été fortement développés.
Ces infrastructures jouent un rôle déterminant dans l’attractivité du pays pour les groupes industriels et logistiques.
Le Maroc a structuré plusieurs écosystèmes économiques performants : automobile, aéronautique, offshoring, énergies renouvelables…
Dans ces secteurs, le pays a réussi à attirer des acteurs internationaux majeurs, en proposant un environnement relativement structuré.
Cette spécialisation renforce la lisibilité du marché pour les investisseurs.
Si Business Ready confirme les progrès du Maroc, il met aussi en lumière plusieurs limites structurelles.
C’est probablement le point le plus important pour un investisseur. Sur le papier, les règles sont souvent claires et alignées avec les standards internationaux. Mais leur application peut varier selon les situations.
Dans la pratique, les délais ou les procédures peuvent dépendre de nombreux facteurs :
Cet écart entre théorie et réalité constitue un point de vigilance majeur.
Malgré les efforts de simplification, certaines démarches restent complexes.
Elles peuvent impliquer plusieurs interlocuteurs, des validations successives et des délais variables.
Pour une entreprise étrangère, cette complexité peut être déstabilisante, notamment si elle n’est pas accompagnée localement par un expert (c’est une des raisons pour lesquelles notre cabinet AOS existe !).
Business Ready met également en avant des marges de progression sur des sujets essentiels : exécution des contrats, résolution des litiges, prévisibilité des décisions, etc.
Ces éléments influencent directement la perception du risque par les investisseurs.
Même si des progrès ont été réalisés, ces sujets restent structurants dans une logique d’implantation à long terme.
C’est ici que l’analyse devient vraiment intéressante.
Les classements comme Business Ready donnent une vision macro. Mais ils ne captent pas toujours les éléments qui font réellement la différence sur le terrain.
Au Maroc, la réussite d’un projet dépend souvent de facteurs moins visibles :
Deux entreprises, avec le même projet, peuvent avoir des résultats totalement différents selon leur niveau de préparation.
À la lumière de Business Ready, le Maroc apparaît comme un pays attractif, en transformation et structuré sur certains aspects clés. Mais aussi exigeant, hétérogène dans son fonctionnement et dépendant de la qualité d’exécution des projets.
Ce n’est pas un marché “simple”, mais ce n’est pas non plus un marché opaque.
C’est un marché qui récompense les entreprises organisées, structurées et capables de s’adapter.
Pour un dirigeant ou un groupe international, l’analyse doit être pragmatique.
Le Maroc est pertinent si :
À l’inverse, une approche opportuniste ou mal préparée peut rapidement se heurter à des difficultés.
Chez AOS, nous accompagnons les entreprises étrangères et les groupes internationaux dans leur implantation au Maroc. Notre rôle est précisément de faire le lien entre les indicateurs macro (classements, réformes, attractivité) que vous avez pu lire et la réalité opérationnelle (administration, fiscalité, pratiques locales).
Nous intervenons pour structurer les projets, anticiper les points de blocage et sécuriser le développement des entreprises dans la durée. Le partenaire en local qu’il vous faut ! Discutons-en.
DÉVELOPPEZ VOTRE ACTIVITÉ